Fenêtres sur...

Denis Rigal - Terrestres

TERRESTRES / DENIS RIGAL / EDITIONS LE BRUIT DU TEMPS / COLLECTION TEMPS DE PAROLE / 2013

 

Si le livre s’ouvre comme un rideau de théâtre avec la découverte du décor dans lequel vit Denis Rigal depuis plus de cinquante ans, décor de bord d’océan qui aurait sied à Georges Perros, puisque aussi le sien, c’est à travers poèmes et proses que le poète s’interroge sur un état du monde beaucoup plus vaste, puisque traversant quasiment l’intégralité de l’histoire humaine depuis le néolithique, avec en parole de fond, cette question : comment en est-on arrivé là.

L’écriture est précise, rigoureuse, sans fioriture, souvent construite autour de contraintes formelles, elle nous happe et nous entraine, nous prend et nous ramène, parfois de l’abime vers l’abime, parfois des ténèbres vers la lumière, le livre n’est pas tant celui des constats amers mais celui, à l’image d’un manuel de survie grâce à l’attention portée, qui nous aide à traverser, sans attente de salut, mais guidé par l’espoir qu’il est possible de se sauver soi-même, si l’homme comme la langue de Rigal sont nus, c’est pour mieux ressentir la moindre vibration de ce monde au bord du chaos.

 

Extrait :

« à chaque neuve niaise lune

la grande gueule du chaos

éructe, salue la sombre aurore,

l’astre à venir et le désastre,

expulse homonculus visqueux,

vineux, violent, vaincu, voué

à la folie des grands heurts, dé-

muni face au bleu absolu,

hurlant, nu, essentiel, non pas

vaines questions aux vains abîmes

mais défi, beauté, viande crue. »

 

Recueils poétiques du même auteur :

Lieu du conflit, Éditions Rougerie, 1975

Patience, Rougerie, 1977

Mémoire du chasseur, Rougerie, 1983

Fondus au noir, Éditions Folle Avoine, 1996

Estran, Wigwam éditions, 2000

Les Proies et les Ombres, éditions HB, 2005

Aval, Gallimard, 2006

Terrestres, Le Bruit du temps, 2013 (Prix Georges Perros, Saint Malo, 2013 ; Prix Verlaine de l'Académie Française, 2014)

Jacques Sicard - Films en prose

 

JACQUES SICARD / FILMS EN PROSE / EDITIONS LA BARQUE / 2013 

Ciné-poèmes, bribes, de ce que Jacques Sicard appelle journal intime, c’est quinze années de vie, et même bien plus, de visionnage, d’écriture que l’auteur nous livre ici, son quotidien en cinéma et en littérature — 150 résonances écrites en proses pour notre plus grand bonheur, et qui malgré ce que l’on pourrait d’abord penser, ne s’adressent pas aux seuls cinéphiles — il y a dans la manière de parler des films chez Jacques Sicard, cette adresse qui seule permet que le partage dans l’écriture existe, une sensibilité, la sienne, qui devient notre envie de les voir, de les vivre — de transmettre à notre tour, autrement que ce que Godard avait livré dans son histoire du cinéma — autoportrait en creux, ce sont LES histoires du cinéma vécues par jacques Sicard dont il est question, sa vie donc. 

 

Chez le même Editeur : 

• Abécédaire (livre)

• Films en prose (livre) 

• Ford Apache (revue la Barque N°4) 

• La projection (revue la Barque N°5) 

• Quatre climatiques haïkus (revue la Barque N°5) 

• Suite monochrome (extrait) (revue la Barque N°5) 

• Estampes écrites (choix) (revue la Barque N°6/7) 

• Haiku occlus (extrait) (revue la Barque N°8) 

• Petits films en prose (choix) (revue la Barque N°8) 

• Suite monochrome - films en prose (choix) (revue la Barque N°9)

Philippe Annocque - Mémoire des failles

PHILIPPE ANNOCQUE / MÉMOIRES DES FAILLES / EDITIONS DE L’ATTENTE / 2015

 

Il est parfois difficile de parler des livres que l’on lit, que l’on aime, sans pouvoir dire pourquoi, peut-être en raison d’un précédent ou d’une accumulations de précédents qui quelque part nous éloignent autant de nous qu’ils nous permettent de nous trouver — qui font mentir surtout le pourquoi on y vient et les représentations souvent fausses qui nous y font venir. J’essaie tant bien que mal par ces mots de comprendre pour quoi je n’arrive pas à parler d’une seule voix de ce livre de Philippe Annocque, alors imaginez si je devais parler des autres.

Je peux juste vous dire comme une liste — accumulation de fragments, comme autant de photographies d’instants peut-être vécus, peut-être pas — et là ça se complique déjà, nous parle t-il d’un certain vécu ou de ce qui aurait pu se vivre — nous invite t-il à nous intéresser à ces images justement où à l’entre deux absent, ce hors cadre

Je pourrais vous parler d’écriture autobiographique, tout au moins dans le processus et la quête d’identité sous-tendue — vous parler de cette construction formelle et souple à la fois faisant penser à des albums photographiques de famille, les miens, les vôtre, les siens — ce n’est pas si simple

Je ne sais pas comment dire, mais j’aime les failles, le mot même — je crois que c’est pour moi une entrée — j’aime à me laisser tomber dedans, quelles sont sans fond parfois — qu’elles ouvrent à la lumière — je crois peut-être que si je n’arrive pas à vous parler de ce livre petit à petit je peux vous dire ce qu’il m’évoque — ce qu’il questionne dans ma vie et dans l’écriture — ce que j’y entends — ce que j’y entrevoie — vous dire le silence que je ressens entre les notes — la polyphonie des voix qui le composent, seraient elles seules, pareil — vous dire quelle traversée il est de l’enfance vers l’âge adulte, ou plutôt que de suivre une ligne droite tracée de souvenirs, on se perd à chaque carrefour — on sort de la route — comme si ce n’était pas une question de mémoire de voix, mais d’où on parle et qui parle dans cette intimité là — et je comprends ce qui m’empêche depuis le début — cette proximité — sûrement de voir se matérialiser là, aussi, l’intime impersonnel qui m’est si cher — avec Philippe Annocque, comme avec un ami au bout du monde, au bord du gouffre, au bord des failles, je sais que je ne suis pas seul

 

Extrait :

"On a déjà évoqué, il y a quelque temps, cette faculté qui s'est développée en soi de n'être pas; alors que le monde autour ne cesse de se manifester par tous les sens. C'est en sa propre absence – en l'absence de soi-même et d'ailleurs loin de chez soi – que, vers cette même époque, on a connaissance de l'existence d'un peuple, une peuplade plutôt, qui ne croit pas au soleil. […] Par chance, cette peuplade habite un pays brumeux, une île enfouie au fond d'un écrin de brouillard."

 

– Une affaire de regard, éditions du Seuil, septembre 2001.

– Chroniques imaginaires de la mort vive, Melville éditeur, avril 2005.

– Par temps clair, Melville éditeur, mai 2006.

– Liquide, Quidam éditeur, avril 2009.

– Monsieur Le Comte au pied de la lettre, Quidam éditeur, octobre 2010

– Rien - Qu'une affaire de regard, Quidam éditeur, avril 2014

– Vie des hauts plateaux, éditions Louise Bottu, 2015

– Mémoires des failles, éditions de l'Attente, 2015

– Pas Liev, Quidam éditeur, 2015

Recueil de poèmes pour la jeunesse

– Dans mon oreille, illustré par Henri Galeron, éditions Motus (septembre 2013).

Pierre Rasidic - Decisive place

PIERRE RADISIC / DECISIVE PLACE / ARP2 / 2015

Avec un texte de Arno Raphael Minkkinen

De même qu’il existe des poèmes relevant de contraintes si fortes qu’on touche parfois à une forme d’abstraction, les photographies de Pierre Radisic dans ce livre, toutes de format carrées, pourraient être prises comme une résonnance décalée autant au constructivisme, à l’abstraction géométrique qu’à l’instant décisif de Henri Cartier Bresson. Comme pour ce dernier, la photographie dans la narration qu’elle induit chez nous, nous questionne, assiste t-on à une vision du réel, ou à l’objet réalisé d’une fiction construite ?

Il nous semblait surtout que l’évident jeu presque enfantin auquel nous invite Pierre Radisic, (jeu qui inversant le processus, fait que ce que l’on voit nous renseigne plus sur la place du photographe que sur la marine obtenue), nous laissant rêver à l’idée qu’il existe une place parfaite, était une belle manière de refermer pour nous le chapitre vacances

Nos valises de vacances...

C’est l’été et bientôt les vacances — j’ai commencé à préparer mes valises, peu d’habits et pas mal de livres — l’occasion de lire ou relire — d’approfondir ou de découvrir, des terres comme des voix inconnues — entamer par exemple un tour du monde avec Chaplin — tout est possible grâce à la lecture — se prendre pour un mauvais garçon avec les Bikers de Danny Lyon — traverser, ou pas l’Atlantique en lisant Ernst Jünger — mettre le cap au pire avec Beckett, toujours Beckett — les livres, bref, une manière de, faire le mur avec Emmanuèle Jawad, d’aller ici et là avec Milos Dolezal — de se prendre pour un loup de mer avec Fernando Pessoa — se laisser conduire là où l’eau touche l’âme comme le dit Frédérique Dolphijn — sentir l’air porteur dans cette baie au loin en compagnie de Larry Eigner et Françoise Clédat, partir pour un tour du monde sur les traces de A Von Krusenstern, après être passé par Nantes et sa Gare Maritime — ou alors choisir de parcourir les routes et les sentiers — de rester à terre et se faire une semaine dans une autre ville avec J.C. Monteiro, ou se laisser porter un été dans la combe avec J.C Pirotte, éviter la déroute grâce à Michel Buzon — prendre ses carnets comme une normale Saisonnière avec Sofia Queiros , et se faire une traversée photographique, un vrai Road Trip sous le regard de David Campagny, pourquoi pas en autostop en compagnie de Florence Catz et Joseph Charroy, l’Islande comme un petit traité d’aphasie lyrique, comme dirait Philippe Denis pour se mettre à l’abri du bruit du monde — quelques suggestions, en somme, avant de vous retrouver avec plaisir, après le 15 août, je vous souhaite de bonnes vacances et bonne lecture 

 

Biblio : 

* MON TOUR DU MONDE, Charlie Chaplin, Editions du Sonneur 

* THE BIKERIDERS, Danny Lyon, Editions Xavier Barral 

* LE VOYAGE ATLANTIQUE, Ernst Jünger, Editions La Table Ronde 

* CAP AU PIRE , Samuel Beckett, Editions de Minuit 

* FAIRE LE MUR, Emmanuèle Jawad, Editions Lanskine 

* ICI & LÀ, Milos Dolezal, Editions Fissile 

* LE MARIN, Fernando Pessoa, Editions Corti 

* LÀ OÙ L’EAU TOUCHE L’ÂME, Frédérique Dolphijn, Editions L’Esperluète 

* DE L’AIR PORTEUR, Larry EIgner, Editions Corti 

* UNE BAIE AU LOIN, Françoise Clédat, Editions Tarabuste 

* VOYAGE AUTOUR DU MONDE, A Von Krusenstern, La Lanterne Magique 

* GARE MARITIME, Revue, Maison de la Poésie de Nantes 

* UNE SEMAINE DANS UNE AUTRE VILLE, J.C. Monteiro, Editions La Barque 

* UN ÉTÉ DANS LA COMBE, J.C. Pirotte, Editions La Table Ronde 

* CARNETS DE DÉROUTE, Michel Buzon, Editions Maldoror 

* NORMALE SAISONNIÈRE, Sofia Queiros, Editions Isabelle Sauvage 

* ROAD TRIP, David Campany, Editions Textuel 

* LE VENT QUI A DES YEUX, J. Charroy/F. Cats, Editions La Main Donne 

* PETIT TRAITÉ D’APHASIE LYRIQUE, Philippe Denis, Editions Le Bruit du Temps

Giorgio Manganelli - Centurie

GIORGIO MANGANELLI / CENTURIE 

EDITIONS CENT PAGES

traduit par Jean-Baptiste Para 

 

 

"Si l’on m’autorise une suggestion, voici quelle serait la meilleure façon de lire cette brochure, mais elle est coûteuse : acquérir le droit d’usage d’un gratte-ciel qui ait autant d’étages qu’il y a de lignes dans le texte qu’on va lire ; placer un lecteur à chaque étage, livre en main ; confier une ligne à chaque lecteur ; à un signal donné, le Lecteur Suprême commencera à se précipiter du sommet de l’édifice, et au fur et à mesure de son passage devant les fenêtres, le lecteur de chaque étage lira à haute et intelligible voix la ligne qui lui est destinée. Il est nécessaire que le nombre d’étages corresponde à celui des lignes, et qu’il n’y ait pas, entre l’entresol et le premier étage, de méprise susceptible de provoquer un embarrassant silence avant le fracas. Il est louable aussi de le lire dans les ténèbres extérieures, ou mieux encore au zéro absolu, dans un vaisseau spatial en perdition." 

Giorgio Manganelli. Page IV de couverture à Centurie. 

 

Avec Centurie, salué par Italo Clavino qui fera la préface de la première édition, c’est la modernité qui attaque le roman italien, Giorgio manganelli, à travers de petites formes nous livre l’équivalent de 100 romans en un seul, et la note ci-dessus, nous donne quelques indications de lecture. 

Publié pour la première fois chez Bourgois en 1979, traduit par le même éditeur, les Editions Cent Pages nous redonne la chance de découvrir ce livre si particulier dans l’œuvre de son auteur, un livre singulier, où Manganelli ne cesse de déployer le texte avant de le refermer, un ou deux paragraphes après, dans une virtuosité qui donne à l’ensemble une homogénéité de ton remarquable

Jack Kerouac - Le livre des Haïku

JACK KEROUAC / LE LIVRE DES HAÏKU

 

Edition bilingue dans la collection LA PETITE VERMILLON aux EDITIONS DE LA TABLE RONDE / traduit par Bertrand Agostini 

 

A peine quelques années avant la publication de On The Road, qui lui assurera la reconnaissance, Jack Kerouac autant dans une errance physique que spirituelle, s’intéresse au Bouddhisme, pratique la méditation, il commencera à écrire des haïku qui modifieront son rapport à la nature et aussi la dualité dans laquelle il avait grandi jusqu’alors. 

Souvent il prend quelques libertés avec les 17 syllabes qui constituent en général les haïku, leur préférant des poèmes courts de 3 lignes, parfois inégaux, mais intéressants parce que 

tellement en rupture avec l’effervescence de l’Amérique des années cinquante, et aussi avec l’écriture qui est la sienne dans les récits et romans

Neal Cassady - Première jeunesse

NEAL CASSADY /

PREMIÈRE JEUNESSE  

aux éditions des BELLES LETTRES traduit par Gérard Guégan 

 

Ce que l’on connaît de Neal Cassady, icône de la Beat Génération, nous vient essentiellement des poètes et écrivains, qu’il fréquentait. 

Avec Première Jeunesse, c’est l’écrivain que l’on rencontre, tout autant l’homme, que l’admirateur de Proust, auquel il emprunte parfois la phrase, une phrase bien éloignée de celles nées du cut up. C’est aussi l’homme qui reconstitue sa généalogie, qui nous livre un témoignage de première importance sur cette Amérique des années vingt, si différente de celle de l’Américan Way of Life, qui faisait rêver les émigrants, l’homme qui raconte simplement dans phrase ample, la vie avec son père. 

On est bien loin de la simple image de road movie de On The Road et du voleur de voiture, dans laquelle on l’a enfermé. Merci à J.C. Zylberstein de nous donner à lire ce livre important.

David Company - Road Trips

DAVID CAMPANY /ROAD TRIPS voyage photographique à travers l’Amérique  aux éditions TEXTUEL 

 

 

L’idée du road trip à travers les Etats unis fait vraiment partie de notre imaginaire, nourrit en cela par le cinéma, la littérature et la photographie. 

Combien existe t-il de carnets de voyages, rapportés par les uns et les autres, amateurs ou photographes, ces images de la route 66, des routes droites sur des dizaines de kilomètres, les stations services abandonnées, le Grand Canyon, comme autant d’images d’Epinal. Combien de livres ont été consacrés à cela avant celui de David Campany, qui présente l’immense avantage de donner à voir justement le regard de photographes sur ce pays et en plus de manière chronologique, plus ou moins par décennies. 

C’est alors un voyage bien différent qui nous est ainsi proposé, à travers des courants photographique autant qu’à travers le paysage, urbain ou désertique, ici sont présent les Grands Photographes coloristes, ceux aussi qui ont renseigné presque de manière sociologique la société américaine. 

C’est un livre qui renseigne et nourrit autant notre imaginaire que notre culture photographique, servi par une grande qualité de reproduction.

Anna Glazova - Expérience du rêve

La librairie du Marulaz vous propose de découvrir 

" Expérience du rêve" de Anna Glazova

traduite du russe par Julia Holter et

Jean- Claude Pinson et paru

aux éditions Joca Seria.

 

Parce qu'au plus près l'on ne retient généralement que les poètes russes du XXe siècle, merci donc aux éditions Joca Seria de faire résonner la voix de Anna Glazova née en 1973 - singulière par son sens de l'ellipse - usant la langue jusqu'à la trouer et donnant du réel comme du rêve une vision énigmatique et étrangement partageable...

Anthologie Manifeste - Habiter poétiquement le monde

Disponible au Marulaz/ la Librairie :

 

"Habiter poétiquement le monde - Anthologie Manifeste", éditions POESIS

Et si la poésie pouvait être un outil de questionnement du monde dans lequel nous vivons ?

Hier comme aujourd'hui, cette anthologie nous propose des pistes à travers les grandes voix de poètes du monde entier...

Ossip Mandelstam - Arménie

À la librairie du Marulaz, retrouvez 

"Arménie - Voyage en Arménie & Poèmes" de Ossip Mandelstam

traduit du russe par C. Mouze

aux éditions de La Barque

Partir c'est peut-être parfois se retrouver - quitter pour un temps la pesanteur des appareils politiques pour faire se rencontrer l'Arménie soviétique dans sa vie quotidienne et millénaire. L'Orient et l'Occident se croisant là, émerveillant Mandelstam dans une oeuvre libérée qu'a décidé d'augmenter Olivier Gallon, l'éditeur, d'un choix de poèmes bilingues.

Michel Beine - Ailleurs

À découvrir à la librairie du Marulaz

"Ailleurs" de Michel Beine

chez ARP éditions

 

Tout est dit ou presque dans cet Ailleurs qui n'est pourtant pas celui des confins mais plus une manière de documenter le monde à travers l'ombre ou le détail pour renseigner le tout - pas vraiment de de l'ordre du reportage mais une autre manière de nous faire voir le Maroc...

Michel Couturier

Pour accompagner l'arrivée à la librairie des Editions LA TÊTE ET LES CORNES, un bel article d'Anne Malaprade qui vient de paraître dans POÉZIBAO, et qui vous présente les oeuvres poétiques complètes de Michel couturier.

 

 Les textes de Michel Couturier étaient introuvables depuis des décennies, son parcours en partie méconnu, sa biographie incertaine. Paraissent aujourd’hui ses œuvres poétiques complètes — sept brefs livres (plaquettes, recueils, feuillets ?) publiés entre 1964 et 1985, dont un inédit, Ès, retrouvé par Claude Royet-Journoud il y a un an — grâce à Marie de Quatrebarbes. L’ensemble est accompagné d’une postface de Jean Daive intitulée « Moderne comme inconciliable ou le retour à la convertibilité ». Cet élégant volume permet ainsi de reconstituer quelques lieux, certains passages, de dessiner des figures autour d’un nom insistant mais quasi fantomal : celui donc, de Michel Couturier. Il donne à lire des textes conçus chacun comme des « ablatifs absolus », à savoir des propositions participiales qui expriment une circonstance (éloignement, point de départ, séparation) de l’action principale. Or cette action principale n’est jamais explicitée ni formulée. Seuls des indices, des traces, des reflets sont suggérés. 



          Né à Orléans en 1932, Michel Couturier est retrouvé mort à son domicile parisien en 1985. Dans les années soixante, il travaille à Londres comme critique d’art attaché aux services étrangers de la BBC. Ses textes sont repérés par Claude Royet-Journoud, qui a fondé dans la même ville la revue Siècle à Mains. Rencontre, publication, amitié, entretiens infinis. Michel Couturier lit Flammigère paru en 1967, Anne-Marie Albiach commentera dans un article du périodique Critique Constante parité publié en 1976. Les trois écrivains forment le comité de rédaction de la revue londonienne. Ils s’installent à Paris après mai 1968, se rapprochent de Paule Philip. Cette dernière crée les éditions Le Collet de buffle qui publient deux recueils de Michel Couturier. Parallèlement, il traduit des poètes américains, John Ashbery et Burns Singer, donne des textes à Banana Split, Zuk et Action poétique. Collaborant avec les peintres Pablo Palazuelo et Robert Groborne, il se sent très proche du plasticien Phillip King, à propos duquel il confie à Jean Daive : « Et je n’oublie rien comme il n’oublie rien : poids, masse, équilibre, volume sont au rendez-vous. Tous les rythmes sont intégrés à la page. Et je n’oublie pas que je suis du côté de la phonation avec une abstraction à outrance. » 

Effectivement, Distance en château, Éléments de grammaire, L’Ablatif absolu, Constante parité, Lignes de partage, Ès et Préliminaires n’oublient ni la voix, ni le rythme, ni l’abstraction, ni l’outrance. Vers, proses, colonnes constituent un excès fait de mesures et de comptes, aussi bien qu’une mesure programmée et contrôlée de l’excès. Ils défigurent la langue et le lieu du crime (du désastre, de la folie, de la perte, du traumatisme), écartèlent la syntaxe, ouvrent le mot, reconstituent et réévaluent la part sonore de chaque unité minimale de sens, introduisent le souffle et la respiration au cœur d’une diction écrite qui pourrait laisser aphone son émetteur comme son récepteur. Empruntant à l’art du contrepoint, ils tracent, « sous le regard » et grâce à des « éléments de rituel », une langue de l’écrit qui restitue quelque chose d’une voix éminemment singulière : présence abstraite et contrariée, blanche et destituée, insistante et résistante. La voix d’un vertige, le vertige fait voix, le vertige comme voie. Le texte est adresse et acheminement « vers ce qui l’écoute » (l’oreille) à partir d’une page spectaculaire et scénique (l’œil) qui « peut tout ». Il rétablit une « relation d’espace » qui convertit et bouscule la limite entre sons et sens, fini et infini, perte et trésor. Il s’impose ainsi comme une pratique plastique : celle-ci défie nos représentations et nos attentes. Les objets et les signes vacillent, précipités dans le vide, mais sont pourtant fermement tenus, retenus par ce qui les sépare, cet axe syntagmatique le long duquel ils se déplacent, s’absentent, réapparaissent. Ils surgissent, s’entêtent, s’affrontent, se tolèrent : se débattent avec des « éléments de grammaire », avec le cas (« ablatif absolu ») ou la règle, qu’ils contournent, détournent et célèbrent tout à la fois. Ils pèsent et soupèsent la densité des significations, surlignent l’horizon, suggèrent la verticalité, imaginent l’oblique, se distinguent par l’italique. Occupent et ponctuent un espace (« la forme de l’air ») avec lequel ils ne coïncident jamais tout à fait, mais qu’ils contribuent pourtant à situer en suspension. Constituent un centre qu’ils déplacent et marginalisent. S’attirent, se repoussent ; reconnaissent et contrefont la présence du manque. Subsistent dans le désaccord, glissent d’une colonne à l’autre, voyagent de ligne en ligne, arrêtent « le désir de narration », cristallisent un état qui n’est pourtant jamais définitif : un creux, une crise peut-être, une intrigue sans doute, une enquête très certainement. État en tout cas susceptible d’attente et de réserve : charge, menace, tension, énergie, projection — la langue de Michel Couturier peut parier sur la fragmentation pour qu’apparaisse, fugacement, « un rideau de lumière ». Cependant elle choisit surtout de saisir ce moment où le corps devient « plume » — « Mon corps, ces jours-là, flotte en moi » —, cet instant où la voix se fracture : la légèreté est désastre, « L’épuisement est préférable », l’incarnation et le volume se referment, et s’ouvre alors l’« inconciliable » (Jean Daive), destin ou destinée que ces textes articulent de la manière la plus sensible, la plus mobile, la plus vacante qui soit. « J’ai traduit l’ombre qui prend vol », écrit Michel Couturier dès 1964 : les mots transportent, disent et racontent les choses et les êtres qui sont eux-mêmes produits par la découpe d’une lumière sur le grain de l’obscurité, le tranchant d’une voix sur la matière d’un corps.




Anne Malaprade


Michel Couturier, L’Ablatif absolu, La Tête et les cornes, 2016, 166 p., 18 euros.

        Juste attirer votre attention sur les éditions

 

BLACK HERALD PRESS

 

dont les livres à la maquette sobre et élégante ne manqueront pas de rappeler à certains, les Pocket Poets Séries de CITY LIGHTS BOOKS, quatre titres, quatre auteurs pour cette première livraison (en attendant de recevoir aussi les numéros de la revue qu'ils développent par ailleurs) :

 

Das Schloss (Le château)

Sara Imloul

 

c'est un lieu, une histoire. Un huit clos, une constellation familiale surréaliste.

J'ai eu envie de travailler dans ma maison de famille, en Lorraine. Installer ma chambre noire et les photographier, eux, moi, à ma manière. Comme je les pense, comme ils m'inspirent. Un travail intime sur une période d'un an. Comme une expérience entre deux mondes, une introspection à travers l'oeil photographique. Faire des images où mon grand-père, ma mère, ma tante, ma cousine et moi–même serions mis en scène à travers des compositions symboliques. Placer des éléments dans ces “tableaux”, dessins, collages, comme des symboles.

 

 

http://www.filigranes.com/main.php?act=livres&s=fiche&id=519&PHPSESSID=9ecf37d55bcf5e46a3470eb031d0c915

 

Exposition à la Galerie Polka à Paris du 11 avril au 9 mai 2015.

à l’adresse d’un « tu » qui scande son texte Nadine Agostini prend en revers les laïus. Elle ne se veut pas une « déviante » qui  raconterait ses dérives plus ou moins romancées dans une mouvance du type Kathy Acker. La cavale est plus profonde et pourrait se résumer à une des affirmations adressées à son interlocuteur ou plutôt son interlocutrice : « tu n’as pas rêvé de tuer ton père ». … En une série de courtes affirmations elle va au rendez-vous d’elle-même laissant fuser des images douloureuses et traumatisantes. ... D’une vie mal embouchée Nadine Agostini tente de sortir un sens même s’il reste tel un pont suspendu au-dessus du vide et dénué de tout parapet. Elle n’écrit que l’essence de ses troubles sans prévoir de plan : tout avance par sauts dans l'espace et dans le temps. ... L’auteur ne cache rien mais sans exhibitions. Les fragments sont autant de crevasses et de fosses. Elles permettent de faire barrage à la fuite des idées et à la confusion mentale. Dans une rhétorique incisive Nadine Agostini s'élève contre les mises en scènes qui éviteraient de se pencher réellement sur ce qui a été commis. A l’événementiel fait place son exégèse. La créatrice prouve qu’écrire est un acte majeur...



 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

http://www.derniertelegramme.fr/-Dernier-Telegramme,1-

 

 

 

 

« Il plaisantait, tout en me visitant la gorge avec son miroir. Rien, ce n’était rien, même pas une angine, quelques rougeurs, pas de quoi fouetter un chat. Puis, comme par distraction plongeant plus profond, le voilà qui blêmit, verdit. Il se lève, gagne son bureau en titubant, frappe dessus en grommelant des «nom de dieu» qui réveilleraient le diable. En effet. Il tombe sur sa chaise, se prend la tête dans les mains. Je le rejoins, m’assois en face de lui, questionne. Mais je sais déjà tout. »

L’ardoise magique, dédiée aux laryngectomisés, est le dernier écrit de Georges Perros (1923-1978). Publié quelques mois après sa disparition aux éditions Givre, il est repris la même année dans Papiers collés III (Gallimard).

Pour cette nouvelle édition, le texte de Perros est accompagné d’un poème liminaire de Michel Butor et d’une postface de Bernard Noël.

 

http://www.loeilebloui.fr/qui/

http://editions-faifioc.com/livres.html

Une explosion n’est pas toujours synonyme de catastrophe. Ainsi, faire sauter une barre HLM compte parmi les gestes de la modernité. Mais le vacarme produit un écho, et certains mots reviennent de très loin.
Les décombres n’ensevelissent rien. Ils ne font au contraire que tirer vers le jour ce qui se croyait enfoui. L’effondrement vient combler ça et là des trous dans la mémoire, et la chute des murs s’écrasant au sol fait vibrer jusqu’aux cordes vocales. C’est peut-être là que l’on commence à parler.
Les voix se croisent, se chevauchent, se côtoient, parfois même arrivent à se répondre, dans un «chaos» somme toute un peu plus ordonné que celui des décombres et de leur silence.


http://www.latelierdugrandtetras.fr


Junglin lee ‘’ Unnamed Road ’’ Editions mac

 

 

Les photographies de Junglin lee, photographe coréenne, loin d’être documentaires, nous conduisent vers une immersion toute méditative dans les paysages d’Israël et de Cisjordanie, leur conférant un statut plutôt de paysage mental, aidées en cela par la matière même des tirages, proche parfois du dessin, ce qui fait naître pour nous cette sensations de flottement, de visions ou de rêves.

 

 

photographies réalisées dans le cadre du projet "This Place", qui a invité douze photographes de renommée internationale à travailler en Israël

 



Exposition du 19 mars au 25 avril 2015

Galerie Caméra Obscura

268, bld Raspail

75014 Paris

Anna Akmatova 

‘’ Le Roseau ‘’ Editions Harpo &

(éditions bilingue) 




Juste un vrai coup de cœur, pour le travail acharné de Pierre Mréjen,

Pour ces livres entièrement composés, fabriqués et façonnés par ses mains.

 



Note de l’éditeur :

 

‘’ Un titre pascalien pour un désespoir non perdu. Anna Akmatova, partie prenante de son peuple et de sa langue, déterminée à écrire pour elle-même, pour tous et pour tout.

Le Roseau, donné ici pour la première fois dans son intégralité en traduction française, se termine par le Requiem, un chant des morts au sillage de la vie . ‘’

 

 


Extrait :

 

Non, ce n’est pas sous des cieux étrangers,

Pas sous la garde d’ailes étrangères —

J’étais là avec mon peuple, là même

Où par malheur mon peuple se trouvait.

 

1961

 

 

 

 

 

 

 

Carole Darricarrère   ''Chair de l’Effacement'' Editions Isabelle Sauvage

 

 

 

Une nouvelle collection qui s’intitule Ligatures chez Isabelle Sauvage, trois livres élégants qui affirment dans leur format une verticalité, avec rabat, qui ont ce mérite rare d’associer avec bonheur textes et photographies. Une belle réussite.

 

 

 

 

Pour n’en choisir qu’un, nous avons retenu  ''Chair de l’Effacement'' de Carole Darricarrère, 

peut-être parce qu’elle est l’auteur autant des poèmes que des photographies,

Sensibles aussi que nous avons été, autant à  son écriture, qu’a l’évocation suggérée

par les photographies, l’ensemble formant justement un tout.

 

À découvrir aussi,

 

''Versailles Chantiers'' texte de Christiane Veschambre / photographies de Juliette Agnel

 

et

 

 

''Une Traversée'' texte d’Yves di Manno / photographies d’Anne Calas

 

Et pour terminer juste un grand merci à Isabella Checcaglini, de continuer à nous donner à lire l'oeuvre d'Alejandra Pizarnik, mais nous ferons un focus bientôt sur les Editions Ypsilon

 

 

 

DISCOURS FAIT À L'OCCASION DE LA NUIT DES LIBRAIRES

THÉÂTRE MUNICIPAL BESANÇON, LE 15 OCTOBRE 2014

 

 

 

 

 

Bonsoir,

Je tenais à remercier tout particulièrement l’équipe des Deux Scènes

et celle du Centre Régional du Livre de Franche-Comté

de nous accueillir, nous, le Marulaz, sa Librairie, ici ce soir.

 

je voulais avant de vous parler de nos coups de cœur

vous dire combien nous sommes heureux d’être parmi vous

en tant que nouvelle librairie indépendante

et si j’insiste sur ce terme, d’indépendant

c’est juste que derrière ce mot, il y une histoire

celle de la librairie en général

qui s’est construite dans la seconde partie du vingtième siècle

avec et aux côtés des éditeurs indépendants,

vous rappeler que durant longtemps,

ce qui à fait croître et vivre autant les Maisons d’Edition que les librairies

ce n’était pas le concept de rentrée littéraire,

mais la qualité

et la pluralité de l’offre des catalogues d’éditeurs

c’est ce choix aujourd’hui qu’a fait la librairie du Marulaz,

accompagnée qu’elle est par plus d’une soixantaine d’éditeurs

choix qui consiste autant à faire découvrir la cohérence de leur travail

que celui des auteurs qu’elles publient.

 

C’est pourquoi, nous nous excusons

de n’avoir aucun titre coup de cœur qui fassent partie de la rentrée littéraire

juste peut-être

parce que nous présentons en majorité des ouvrages de Poésie

et que travaillant les fonds des éditeurs,

les livres que nous rendons visibles

que nous tenons à défendre parce que nous les avons choisis

nous semblent intemporels.

 

Voilà ce que disait Ferlinghetti  

 

LA POÉSIE NE VAUT RIEN ET PAS CONSÉQUENT

ELLE N’A PAS DE PRIX

 

C’EST UNE HAUTE MAISON OÙ RÉSONNENT

TOUTES LES VOIX

QUI ONT UN JOUR DIT

QUELQUE CHOSE DE FOU

OU DE MERVEILLEUX

 

LA POÉSIE EST LE PARFUM DE LA RÉSISTANCE

 

C’EST UN CANARI DANS LA MINE DE CHARBON

NOUS SAVONS POURQUOI CHANTE L’OISEAU EN CAGE

 

C’EST UNE CORDE À NOUER AUTOUR DE SOI

DANS UNE MER DE SONS SANS RIVAGE

 

C’EST L’OMBRE JETÉE PAR NOS IMAGINATIONS RÉVERBÈRES

 

SUR LES LÈVRES DE L’ÊTRE AIMÉ

LA POÉSIE EST UNE PERLE DIVINE

 

LA POÉSIE EST UN CONDENSÉ DU RIRE LIQUIDE DE LA JEUNESSE

 

LA POÉSIE EST UN LIVRE DE LUMIÈRE DANS LA NUIT

DISPERSANT LES NUAGES DE L’IGNORANCE

 

POÉSIE

DERNIER PHARE SUR LA MER QUI MONTE

 

 

Alors parce que

nous ne sommes rien sans histoire

parce que la poésie est vivante

parce que nous sommes vivants, ensemble,

parce que toujours les auteurs demeurent à travers nos voix

 

voilà les cinq livres que nous avons choisi :

 

 

THOMAS CHAPELON  

LA DEMEURE DU VASTE  


ÉDITIONS DERNIER TÉLÉGRAMME

 

Thomas Chapelon est né en 1973 et vit actuellement à Montpellier.

Avec la demeure du vaste, poèmes en vers aux rythmes saccadés, il met en place une réflexion autour des formes et de la mutation des formes, de la rapidité et de la lenteur et autour des gestes qui font et défont les équilibres.

La demeure du vaste est son deuxième livre aux Editions Dernier Télégramme, il a aussi publié deux livres aux Editions de l’Arachnoïde


http://www.derniertelegramme.fr/_Thomas-Chapelon_



FABRICE CARAVACA

LA FALAISE


ÉDITIONS AENCRAGE & CO

 

Fabrice Caravaca est né en 1977 en Dordogne. Son travail interroge les interactions entre la langue et le corps, entre l'homme et son environnement dans une approche tissant des liens avec le lyrisme. Il vit actuellement à Limoges où il anime les éditions Dernier Télégramme. La Falaise est son quatrième livre.


http://www.aencrages.com

FRANCK DOYEN

INVENTAIRE DE DÉBUT DU JOUR

 

ATELIER DE L’AGNEAU

 

Né en 1970.

Inventaire de début de jour est composé de fragments tenant du journalier, mais composant plutôt un non inventaire

Ses travaux sont toujours le lieu de questionnements sur les implications de l’engagement d’une vie en écritures, et sur la dimension sociale et politique de celui-ci.

 

http://www.atelierdelagneau.com/spip.php?mot57

VIRGINIE GAUTIER

LES YEUX FERMÉS, LES YEUX OUVERTS

 

ÉDITIONS DU CHEMIN DE FER

 

 

Virginie Gautierétudie aux Beaux-Arts puis développe une pratique autour des questions d’espace, de perception et de déplacement, qu’elle poursuit aujourd’hui en écrivant. Les yeux fermés, les yeux ouverts est son deuxième livre aux Editions du chemin de fer, après Les Zones Ignorées,  il y est question de s’attacher à y suivre les pas d’une jeune femme en rupture avec la société.


http://www.chemindefer.org/catalogue/styled-44/les-yeux-fermes-les-yeux-ouverts.html

 

ALEJANDRA PIZARNIK

LES TRAVAUX ET LES NUITS

 

ÉDITIONS YPSILON

 

Alejandra Pizarnik est née près de Buenos Aires en 1936. Les travaux et les nuits recueille les poèmes qui ont été pour la plus grande partie composés à Paris. Alejandra Pizarnik lutte, avec le langage et le corps, pour tenir aux côtés de l’autre d’abord incarné, puis, de plus en plus loin, pour faire face à l’autre de toujours devant le miroir. Les Editions Ypsilon ont entrepris de republier l’intégralité des écrits d’Alejandra Pizarnik.


http://ypsilonediteur.com/fiche.php?id=120

SAS LE MARULAZ


Fanny Robbe

&

Patrice Forsans

 

Contact

2, place Marulaz

25000 Besançon

Tel : 09 67 46 47 25